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Ordonnance en ligne : ce que dit la réglementation française

Une ordonnance obtenue en ligne n'est pas un objet à part : c'est une ordonnance, soumise aux mêmes exigences que celle rédigée dans un cabinet. Elle suppose une évaluation médicale réelle, la traçabilité de cette évaluation, l'identification du prescripteur et le respect des mentions obligatoires. Certaines catégories de médicaments sont exclues de cette voie. Cet article explique le cadre applicable, ce que le droit de l'Union prévoit pour les ordonnances établies dans un autre État membre, et où se situe précisément notre service.

Trois réalités différentes derrière la même expression

Le même mot désigne trois choses qu'il vaut mieux distinguer avant d'aller plus loin. La première est la téléconsultation avec un médecin exerçant en France : un échange en direct, à l'issue duquel le médecin peut rédiger une ordonnance comme il le ferait au cabinet. La deuxième est l'ordonnance numérique française, c'est-à-dire la dématérialisation du document lui-même, indépendamment du canal de la consultation. La troisième est l'évaluation sur questionnaire par un médecin exerçant dans un autre État membre de l'Union, qui aboutit à une ordonnance transfrontalière présentable en pharmacie. C'est cette troisième voie que nous utilisons. Un site qui entretient la confusion entre ces trois modèles vous empêche de savoir ce que vous achetez, et c'est rarement un hasard.

Le principe cardinal : pas d'ordonnance sans évaluation médicale

Aucune règle européenne ou nationale n'autorise à établir une ordonnance sur simple demande. L'acte de prescrire suppose que le médecin dispose d'éléments suffisants sur l'état du patient, qu'il adapte le traitement à cet état, qu'il en garde trace et qu'il puisse être identifié. Ces exigences ne dépendent pas du support : elles valent au cabinet, au téléphone et sur dossier. Ce qui varie d'un canal à l'autre, c'est la quantité d'information dont le médecin dispose, donc l'étendue de ce qu'il peut raisonnablement décider. Une évaluation sur questionnaire convient au renouvellement d'un traitement stable ; elle ne convient pas à un symptôme nouveau qui exige une auscultation ou une palpation. Un service sérieux refuse dans ce second cas, et un service qui ne refuse jamais rien devrait vous alerter.

Ce qui ne peut pas être obtenu par cette voie

Deux ensembles échappent à l'établissement d'une ordonnance à distance. Le premier réunit les stupéfiants et les médicaments soumis à la réglementation des stupéfiants, qui exigent des conditions de rédaction et de délivrance particulières. Le second réunit les médicaments à prescription restreinte : réserve hospitalière, initiation obligatoirement hospitalière, réservation à certains spécialistes, ou surveillance particulière pendant le traitement. Ces médicaments ne sont pas interdits ; ils relèvent d'un circuit précis que ni un questionnaire ni un rendez-vous vidéo ne remplacent. À cela s'ajoutent, pour l'ordonnance transfrontalière, les exclusions prévues par le droit de l'Union, détaillées plus bas.

Ce que prévoit le droit de l'Union pour les ordonnances étrangères

La directive 2011/24/UE relative à l'application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers pose le principe : une ordonnance établie dans un État membre est reconnue dans un autre, dès lors que le médicament y est autorisé. La directive d'exécution 2012/52/UE en tire les conséquences pratiques et fixe, dans son annexe, la liste des mentions que le document doit comporter pour être compris et vérifié à l'étranger. Ce dispositif n'est pas un régime dérogatoire : il ne crée aucun droit à obtenir un médicament, il organise seulement la reconnaissance d'une ordonnance régulièrement établie. L'article 11, paragraphe 6, de la directive 2011/24/UE exclut expressément de cette reconnaissance les médicaments soumis à ordonnance spéciale, ce qui recouvre les stupéfiants et les psychotropes.

Les mentions obligatoires d'une ordonnance transfrontalière

L'annexe de la directive 2012/52/UE énumère ce que le document doit contenir : les nom et prénom du patient ainsi que sa date de naissance ; la date d'émission ; les nom, prénom et qualification professionnelle du prescripteur, ses coordonnées directes, son adresse professionnelle avec le nom de l'État membre, et sa signature ; le médicament désigné par sa dénomination commune internationale, la marque n'étant admise que dans des cas limités, notamment pour les médicaments biologiques ou lorsque le prescripteur l'estime médicalement nécessaire, auquel cas il en indique brièvement la raison ; la forme pharmaceutique, la quantité, le dosage et le schéma posologique. Un document qui omet l'une de ces mentions expose le patient à un refus au comptoir, non par mauvaise volonté du pharmacien, mais parce qu'il lui manque un élément qu'il doit contrôler.

Comment fonctionne concrètement notre service

Vous remplissez un questionnaire médical détaillé : traitement en cours, dosage, antécédents, autres médicaments, allergies, contrôles récents. Un médecin l'examine, et il peut poser des questions complémentaires avant de trancher. Il n'y a chez nous ni rendez-vous vidéo, ni appel téléphonique, ni discussion en direct : le mot téléconsultation ne décrit pas ce que nous faisons, et nous ne l'employons que pour marquer la différence. Si le médecin accepte, l'ordonnance est établie au format PDF selon l'annexe de la directive 2012/52/UE et vous est adressée par voie électronique. Vous la présentez avec une pièce d'identité dans n'importe quelle pharmacie. Il n'y a ni code à saisir, ni numéro d'identifiant national à fournir, et nous n'inscrivons rien dans les systèmes d'information de santé français.

Ce que le pharmacien vérifie, et pourquoi il peut refuser

Le pharmacien contrôle la présence des mentions obligatoires, la lisibilité du document, la cohérence de la posologie et l'identité de la personne qui se présente. Il peut refuser de délivrer s'il estime que la sécurité du patient l'exige, et ce pouvoir d'appréciation fait partie de sa mission : il ne se discute pas au comptoir. En pratique, une ordonnance étrangère complète et lisible est délivrée sans difficulté, mais toutes les officines ne rencontrent pas ce cas tous les jours, et un pharmacien peut prendre le temps de vérifier avant de servir. Préparez donc votre pièce d'identité, connaissez la dénomination commune internationale de votre traitement, et sachez que la substitution par un générique est la règle en France, sauf mention contraire justifiée.

Les familles de médicaments que nous n'établissons jamais

Nous n'établissons aucune ordonnance pour les opioïdes, les benzodiazépines, les hypnotiques apparentés, les stimulants, les gabapentinoïdes comme la prégabaline et la gabapentine, ni pour le cannabis à usage médical. Pour une partie d'entre eux, l'exclusion découle directement de l'article 11, paragraphe 6, de la directive 2011/24/UE, qui écarte les médicaments soumis à ordonnance spéciale du mécanisme de reconnaissance transfrontalière. Pour les autres, elle relève d'une décision de prudence : ces traitements exigent un suivi rapproché, une évaluation du risque de dépendance et souvent une décroissance progressive, ce qu'une évaluation sur dossier ne permet pas d'assurer correctement. Si votre traitement relève de ces familles, votre médecin traitant ou un centre spécialisé est l'interlocuteur adapté, et aucune page de notre site ne vous proposera de contourner cette règle.

Tarifs, prise en charge et conditions de restitution

Nos tarifs sont les suivants : renouvellement d'ordonnance 24,90 €, accompagnement de la perte de poids 29,90 €, avec une option de traitement prioritaire à 9,90 €. Notre consultation n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie et nous ne sommes pas conventionnés : la somme reste à votre charge. Elle rémunère l'évaluation médicale, et non la remise d'un document : si le médecin refuse pour un motif médical, elle vous est restituée ; si vous ne fournissez pas les éléments qu'il vous a demandés, l'évaluation a bien eu lieu et aucune somme n'est restituée. Le prix du médicament, lui, est réglé séparément à la pharmacie et n'est jamais compris dans nos tarifs.

Comment reconnaître un site qui sort du cadre

Cinq signaux suffisent le plus souvent. Le site vend directement le médicament au lieu de séparer l'acte médical et la délivrance en pharmacie. Il garantit l'obtention du document avant toute évaluation, ce qui revient à vendre un papier plutôt qu'un avis médical. Il n'identifie pas le médecin, ni son pays d'exercice, ni son numéro professionnel. Il ne pose que quelques questions superficielles, sans antécédents ni traitements en cours. Enfin, il propose des somnifères, des anxiolytiques ou des stimulants par une voie à distance, alors que ces familles sont précisément celles que le droit de l'Union écarte. Un service régulier vous dit qui vous évalue, ce qu'il refuse, et ce qui se passe quand la réponse est non. Cet article a été rédigé par la rédaction MEDINOW et vérifié le 28 août 2026 par le docteur Damian Wojno, médecin inscrit en Pologne, numéro PWZ 3211301.

Une ordonnance établie par un médecin polonais est-elle valable en France ?

Oui, si elle comporte les mentions prévues par l'annexe de la directive 2012/52/UE et si le médicament est autorisé en France. Le pharmacien conserve son pouvoir d'appréciation et peut refuser la délivrance s'il estime que la sécurité du patient l'exige, comme pour toute ordonnance.

Faut-il une carte d'assurance pour retirer le médicament ?

Une pièce d'identité suffit pour être identifié au comptoir. En revanche, hors du circuit français, la délivrance se fait le plus souvent sans prise en charge par l'Assurance Maladie : le prix du médicament reste alors à votre charge. Renseignez-vous auprès de votre caisse avant de vous déplacer.

Pourquoi certains médicaments sont-ils exclus ?

Parce que l'article 11, paragraphe 6, de la directive 2011/24/UE écarte les médicaments soumis à ordonnance spéciale du mécanisme de reconnaissance transfrontalière, ce qui vise notamment les stupéfiants et les psychotropes. Nous y ajoutons volontairement les gabapentinoïdes, qui exigent un suivi rapproché.

Est-ce une téléconsultation ?

Non. Il n'y a ni vidéo, ni appel téléphonique, ni discussion en direct. Vous remplissez un questionnaire médical, un médecin l'examine de façon asynchrone et décide. Nous employons le mot téléconsultation uniquement pour décrire ce que font d'autres acteurs.

Que se passe-t-il si le médecin refuse ?

Il vous explique le motif et vous oriente. Lorsque le refus repose sur un motif médical, la somme versée vous est restituée. Elle ne l'est pas lorsque vous n'avez pas transmis les documents ou les précisions que le médecin avait demandés, puisque l'évaluation a alors été conduite.

L'ordonnance est-elle enregistrée dans mon dossier français ?

Non. Nous n'écrivons rien dans les systèmes d'information de santé français. Conservez le fichier PDF et transmettez-le à votre médecin traitant si vous souhaitez que votre suivi habituel en garde la trace.